L’observatoire Chrétien de la Laïcité

Une actualité imprégnée d’histoire, un cheminement de la pensée de certains chrétiens autour de ces 3 questions :

Comment peut-on être chrétien et laïque ?

Quels rapports entre les autorités religieuses et le pouvoir politique ?

Comment des groupes de laïques se réfèrent au christianisme ?

Voici la trame de l’exposé du 10 juin 2009.

Des repères et des pistes pour quiconque souhaite approfondir sa réflexion sur le sujet.

..... ..... ..... L’ OBSERVATOIRE CHRETIEN DE LA LAICITE ..... ...... ....

I - Un survol historique.

33 -

Joshwa le Nazoréen, dans une petite province aux limites de l’empire est condamné à mort par l’autorité religieuse et exécuté par le pouvoir politique. Réticences de Pilate. Le groupe de traine-savate qui l’entourait aurait dû disparaître rapidement ; leur point de vue s’est au contraire diffusé progressivement dans tout l’empire, pendant 3 siècles, en dehors des pouvoirs politiques et religieux, surtout dans le petit peuple – le laïkos. De temps en temps, il y eut une réaction brutale, mais le nombre en a sans doute été exagéré.

Les responsables des communautés ne sont pas des sacerdos mais des presbytres, c.a.d. des ainés, hommes ou femmes.
Bien sûr, des luttes de pouvoir, la constitution progressive d’une hiérarchie.

325 -

Empereur Constantin réunit le concile de Nicée, crée la hiérarchie chrétienne, fait du christianisme la religion d’état.
Le cléricalisme triomphe – Le clerc sait lire et écrire – le mot « laïc », vocabulaire ecclésiastique. Le laïcat est un état inférieur.

1206 -

François d’Assise – fondateur d’ordre – fauteur de désordre – un laïc qui prenait la parole, s’opposait aux pouvoirs et à leur richesse.

Vers 1400 –

Wycliff en Angleterre – Jan Huss en Bohème – Le droit de penser librement. La critique de la richesse des églises.

1517 –

Luther – un clerc – l’idée de le libre examen.

Calvin : un laïc, mais un doctrinaire. La réforme ne distingue pas le religieux du politique (Genève). Le prince décide pour ses sujets.

Sans rompre avec l’Eglise, des intellectuels se mettent à penser par eux-mêmes : Erasme, Montaigne, Rabelais, Copernic

Réaction du clergé catholique – le concile de Trente – la contre-réforme.

1750 –

Diderot, Voltaire, d’Alembert ... Affirmation d’une pensée indépendante d’une religion. Fortement combattue par les pouvoirs civils et religieux.

1790 –

Constitution civile du clergé – prêtres jureurs ou réfractaires – création d’un pouvoir civil indépendant de tout principe religieux. La déesse Raison !... mais la séparation de l’église et de l’état est refusée.

1801 –

Concordat Napoléonien – rétablit l’union du trône et de l’église, qui servira de base à la politique religieuse jusqu’en 1905.

1830 –

Lamennais – première tentative d’une pensée religieuse indépendante de la hiérarchie – origine des chrétiens « laïques ».

1851 –

Victor Hugo utilise le mot « laïque » dans son sens moderne

1900 –

Marc Sangnier – Le Sillon - Chrétien et républicain – A partir d’ici, régulièrement, les mouvements intellectuels libéraux seront condamné par les autorités romaines. Jusqu’à une époque récente, ils sont soumis à ces condamnations.

Jusqu’en 1935 –

Tout un courant de « chrétiens progressistes » est plus ou moins lié au socialisme (Péguy) – mouvements d’action catholique.

1937 –

Condamnation de Sept, revue dominicaine, et constitution de Temps Présent avec, entre autres, Jacques Maritin, Daniel Rops, Georges Bernanos et François Mauriac. Journal catholique, écrit par des laïcs et ne recevant pas d’ordres de la hiérarchie.

Georges Hourdin -Jacques Chatagnier - Martine Sevegrand – diverses publications - Temps Présent : diffusion : 60 000 exemplaires en 1945 ==> Publication du magazine « La Vie catholique illustrée » ==> La Vie

1942 –

Les Cahiers du Témoignage Chrétien par le père Chaillet, jésuite – Les évêques français étaient restés fidèles à Vichy – peur du Front Populaire. Né de la Résistance, il échappe aux condamnations qui frappent régulièrement Temps Présent...
André Mandouze – Georges Montaron

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II – VATICAN II – 1963...

Jean 23 veut mettre l’église à jour – réunit un concile à St-Pierre – 1500 évêques du monde entier. Les services du Vatican (la Curie) ont préparé des textes qui n’ont plus qu’à être approuvés.

Contre toute attente, les évêques veulent rédiger eux-mêmes leurs résolutions ==> textes novateurs dans beaucoup de domaines : place des laïcs, dialogue interreligieux et avec la société civile, liturgie, reconnaissance de la liberté de conscience... Paul 6 bloque le débat sur la place des femmes et le statut des prêtres.

Un esprit vraiment nouveau s’installe dans l’église – participation des laïcs – Théologie de la libération - mais certains groupes (Opus Dei, Légionnaires du Christ, traditionalistes) n’acceptent pas cette évolution et vont peu à peu reconquérir le terrain perdu en contrôlant la Curie. ==> Josef Ratzinger.

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III – Le RESEAU des PARVIS

Il est né en 1999, regroupant une cinquantaine d’associations pré-existantes.

Grande diversité – Chrétiens contestataires que nous retrouverons plus loin - Prêtres mariés – Compagnes de prêtres – David et Jonathan (homosexuels)– Chrétiens Sida – Théolib (protestants) ...
Certains attachés à l’église romaine, d’autres très éloignés.
Cependant, suffisamment d’unité pour publier une revue trimestrielle LES RESEAUX DES PARVIS et le manifeste « Sur le Parvis, la coupe est pleine ». La revue a publié deux numéros spéciaux sur la Laïcité.

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IV – L’OBSERVATOIRE CHRETIEN de la LAICITE

Il est créé au printemps 2003 par 4 associations du Réseau des Parvis auxquelles se sont ralliées par la suite 8 autres :

- Amis du 68 rue de Babylone – les gardiens du temple – Martine - Micheline

- Chrétiens pour une église dégagée de l’enseignement confessionnel – Association datant de 1983 – audience nationale – organise chaque année un colloque à la Roche-sur-Yon. Monique Cabotte – enseignante en Vendée– Didier Vanhoutte, devenu rédacteur en chef de la revue

- Espérance 54 (Meurthe et Moselle) suite à l’affaire Gaillot (1995) – Jean Riedinger

- Nous Sommes Aussi l’Eglise – association nationale – origine « Wir sind Kirche ». T.C. Georges Montaton, Lucienne Buton (Neuilly), Jean-Pierre Bagot. Au départ, une association centrée sur la critique interne du fonctionnement de l’église catholique. Certains responsables veulent mettre en avant les implications sociales. D’où un conflit. Lucienne Gouguenheim.

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Les principaux responsables :

Jean Riedinger

a fait des études au séminaire. Coopérant en Algérie (1964-66) -
Professeur de philosophie dans l’enseignement public à Nancy -
Militant syndical -
Un des créateurs de l’Observatoire Chrétien de la Laïcité dont je suis actuellement le secrétaire.

Lucienne Gouguenheim – astro physicienne – secrétaire générale de NSAE et rédactrice de la revue.

Monique Cabotte – ancienne enseignante en Vendée et responsable du CEDEC.

Micheline Convert – ancienne religieuse dominicaine, présidente de Temps Présent

Ingrid Augot – ancienne religieuse dominicaine.

Karim Mahmoud - président de NSAE – précédemment attaché parlementaire – actuellement directeur des éditions de Temps Présent . Première parution « Egalité pour les exclus – Le politique face à l’histoire et à la mémoire coloniale » de Christiane Taubira.

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ACTIVITES -

Environ une réunion par trimestre regroupant une dizaine de participants mais surtout une attention permanente aux faits et publications concernant les atteintes à la laïcité – dernier en date, l’hommage national, dans l’église Notre-Dame avec la présenece du Président de la République, aux victimes de l’accident de l’airbus.

Présence internationale par le Réseau Européen Eglise en liberté qui est reconnu comme ONG par Bruxelles.

Grande vigilance sur les activités de la Commission des Conférences épiscopales de la Communauté Européenne (COMECE) : pressions de l’église pour une place privilégiée, principalement sur les questions de morale.

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V – Conclusion

L’ensemble des mouvements dont je viens de parler ne regroupe que quelques milliers de personnes en France. Il est évidemment impossible d’évaluer le nombre de sympathisants dans une église elle-même en cours d’effondrement, d’autant moins que beaucoup d’entre nous ne se considèrent plus comme membres de l’église romaine.

Au départ, nous pouvons poser la question : « Peut-on être laïque bien que chrétien ? ».

Nous répondons : « nous sommes laïques parce que chrétiens. » Ceci ne signifie pas que notre laïcité est différente de celle des non chrétiens, ni que nous prétendions donner des leçons à quiconque.

- Référence :

"Temps Présent, Une aventure chrétienne"

par Martine Sevegrand, octobre 2006, éditions du Temps Présent

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Annonces

  • Prochaine réunion

    Le groupe LAICITE AUJOURD’HUI poursuivra ses travaux le mercredi 1er mars, 18-20 heures, à la maison des associations.

    Thème du jour : La laïcité et les présidentielles

    Questions d’actualité