Laïcité, valeur de l’école républicaine Extraits des programmes

Extraits

École maternelle – Vivre ensemble

OBJECTIFS ET PROGRAMME

Apprendre à « vivre ensemble » est l’un des principaux objectifs d’une école maternelle qui offre à chaque enfant le cadre éducatif d’une collectivité structurée par des règles explicites et encadrée par des adultes responsables. Grâce aux multiples relations qui s’y établissent, dans les situations de vie quotidienne comme dans les activités organisées, l’enfant découvre l’efficacité et le plaisir de la coopération avec ses camarades. Il apprend aussi que les apports et les contraintes du groupe peuvent être assumés. En trouvant la distance qu’il convient d’établir dans ses relations à autrui, il se fait reconnaître comme sujet et construit progressivement sa personnalité.
On doit aider l’enfant à identifier et comparer les attitudes adaptées aux activités scolaires, aux déplacements et aux situations collectives, au jeu avec quelques camarades ou pratiqué individuellement. Il faut le conduire à prendre conscience des repères sur lesquels il peut s’appuyer et des règles à respecter dans chaque cas, mais aussi des façons d’agir et de s’exprimer qui lui permettront de mieux vivre ces diverses situations.

1 - Être accueilli

Avant son arrivée à l’école maternelle, le tout-petit n’a pas encore nécessairement fait l’expérience de la vie en collectivité. Il a évolué dans un réseau de relations restreintes, souvent limitées à quelques familiers dont il est dépendant. Quand il entre à l’école maternelle, en compagnie de nombreux autres enfants du même âge, il découvre les exigences et les contraintes du groupe. Les enseignants de l’école favorisent son adaptation et l’aident à tirer profit de cette nouvelle expérience en organisant ce passage délicat, notamment par un accueil des parents avec leur enfant, pour une prise de contact avec les lieux et les personnes.
L’enfant et sa famille découvrent, si possible avant même le jour de la rentrée, la classe et l’ensemble des locaux. Ils font connaissance avec les adultes de l’école. La qualité de l’accueil dépend en premier lieu de l’aménagement des espaces, intérieurs comme extérieurs. Les premiers moments vécus en commun y trouvent leur tonalité particulière. Dans la classe, les lieux de regroupement contrastent avec les tables d’atelier et des coins de jeux plus isolés qui doivent aussi pouvoir être perçus comme des refuges. Des ateliers permanents et fonctionnels comme le coin lecture ou l’atelier peinture sont clairement identifiables. Les trajets vers les lieux d’hygiène, les salles spécialisées, les lieux de repos, le restaurant scolaire sont balisés et facilement mémorisables. Tous les équipements sont appropriés à l’âge et à la taille des enfants dans un souci de sécurité, d’hygiène, de confort et d’esthétique.
L’enseignant aide l’enfant à trouver progressivement ses repères dans sa classe et dans l’école (espaces intérieurs et extérieurs). Il explore progressivement l’environnement immédiat (quartier, jardin public proche, équipements culturels…). Il structure la journée en alternant les moments consacrés aux activités collectives avec ceux réservés à des occupations plus individualisées.

2 - Construire sa personnalité au sein de la communauté scolaire

Avec l’aide des adultes, l’enfant se repère dans le groupe et peu à peu y trouve sa place avant d’en comprendre et de s’en approprier les règles. Dans ce cheminement, il se construit aussi comme sujet, capable de se positionner, de s’affirmer en se respectant et en respectant les autres.

2.1 Trouver ses repères et sa place

Lors de l’accueil quotidien, moment de classe à part entière, se multiplient les échanges entre enfants, mais aussi entre enfants et adultes. Il importe qu’à l’occasion de cette prise de contact avec l’école chacun puisse retrouver les repères qui jalonnent les espaces qui lui sont attribués (portemanteaux, casiers…), et venir occuper spontanément les coins collectifs aménagés pour ce moment particulier.
Les repères qui structurent le temps favorisent également l’entrée chaque jour plus autonome dans les activités qui sont proposées : le calendrier comportant des éléments concrets de repérage des jours, les symboles ou les objets qui situent les moments de la journée les uns par rapport aux autres…
Au cours de la journée, grâce aux indications données par l’enseignant, l’enfant repère le rôle et la nature de l’aide que peut apporter chacun des adultes qui constituent un réseau cohérent dans l’école : parents, enseignants, agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (ATSEM), aides-éducateurs, intervenants. En retour, chaque enfant est nommé et reconnu, encouragé à trouver sa place de sujet au sein du groupe constitué et à bénéficier ainsi d’un espace d’action et d’expression. Il s’exprime sur les activités menées, participe aux échanges et aux débats, développe des essais personnels dans les domaines les plus variés : dessins, activités corporelles, activités de découverte du monde…

2.2 Apprendre à coopérer

Peu à peu l’enfant se perçoit comme membre du groupe. Les moments d’activité collective le conduisent à partager le temps et l’attention de l’enseignant qui, tout en étant présent pour chacun, donne à tous des consignes et des encouragements.
Chaque jour, dire des comptines ou des poèmes, écouter des histoires racontées ou lues, regarder des marionnettes, chanter, participer à une ronde, etc., sont autant d’occasions de sentir que l’on partage avec ses camarades des moments d’émotion, de plaisir, de rire. Les jeux sont également des moments forts qui donnent de la cohésion au groupe. Au-delà de sa participation, l’enfant acquiert le goût des activités collectives qui lui permettent d’échanger et de confronter son point de vue à celui des autres (par exemple, pour les plus jeunes dire à l’enseignant ce que l’on fait, pour les plus âgés raconter comment s’est effectuée une réalisation collective).
Devenir élève, c’est participer à la réalisation de projets communs, c’est prendre et progressivement partager des responsabilités au sein du grand groupe. Si la coopération entre pairs existe dans des temps collectifs, elle doit être aussi favorisée lors de travaux en petits groupes. L’expérience de ces formes diverses de relations permet à l’enfant de construire sa personnalité, son identité, et de conquérir son autonomie. C’est alors qu’il peut faire preuve d’initiative et proposer des solutions personnelles aux problèmes qui ont été soulevés.

2.3 Comprendre et s’approprier les règles du groupe

Pour la grande majorité des enfants, l’école maternelle est le premier lieu où l’on découvre une vie sociale collective régulée par des conventions. Dans un premier temps, les règles de vie sont données par l’enseignant qui indique à l’enfant les droits et les obligations de la communauté scolaire : attendre son tour, partager les objets, ranger… Lorsque l’âge de l’enfant le permet, ces règles sont élaborées collectivement et parfois négociées. Elles constituent des incitations permanentes au respect des autres. Parce qu’elles sont explicites et stables, elles deviennent des références qui permettent de construire le sentiment d’appartenance au groupe.
L’appropriation des règles de vie passe par la réitération d’activités rituelles (se regrouper, partager des moments conviviaux…). Celles-ci peuvent être transformées dans la forme et dans le temps. Lorsque tous les enfants se sont approprié un rituel, il doit évoluer ou être remplacé.
Ainsi l’école maternelle transmet concrètement au travers de situations vécues et commentées quelques règles, valeurs et principes de la vie en société : le droit d’être considéré comme un interlocuteur à part entière, de bénéficier en toutes circonstances d’un traitement équitable ; le devoir de prêter attention aux autres et de s’entraider ; le droit et le devoir de se défendre sans mettre autrui en danger ; l’acceptation de l’effort et de la persévérance.

3 - Échanger et communiquer dans des situations diversifiées

La communication s’installe dans la classe bien avant que les enfants n’en maîtrisent les formes verbales (voir « Le langage au cœur des apprentissages »). C’est dans ces échanges mettant en jeu le corps tout entier que se font et se défont les groupes de pairs, que se forgent des alliances ou qu’éclatent des conflits. Progressivement, avec l’aide des adultes, l’enfant apprend à parler avant d’agir, à se faire comprendre et à négocier plutôt qu’à tenter d’imposer sa volonté ou de subir celle d’autrui. Il conquiert ainsi sa place dans la classe.

3.1 Dialoguer avec des camarades, avec des adultes

Les diverses formes prises par les activités sont, dès la première année d’école maternelle, autant d’espaces de communication structurée. L’enfant y apprend à réagir à une sollicitation, plus tard à prendre l’initiative d’un court dialogue. L’enseignant s’efforce de multiplier les occasions d’échanges en veillant à ce que personne ne soit tenu en dehors de ce processus d’interactions verbales. Il tente d’en prolonger la durée de manière à ce que chaque enfant commence à éprouver les enjeux d’un véritable dialogue.
Certaines situations – habillage, retour au calme précédant la sieste, récréation, sorties, déplacements – facilitent les échanges langagiers personnalisés avec un adulte disponible. Elles sont des occasions privilégiées de nouer des dialogues mettant en jeu une confiance réciproque : l’enfant est incité à communiquer ; on lui renvoie des commentaires, on lui demande de préciser. Il entre progressivement dans un usage plus fortement socialisé de son langage.
Le tutorat entre enfants (en particulier entre enfants d’âges différents) est encouragé dans de nombreuses activités. Cette forme d’entraide souple, mais n’excluant pas la rigueur dans son organisation, peut être ponctuelle ou régulière, intervenir dans un ou plusieurs domaines d’activités, concerner un nombre variable d’enfants. Ces situations d’échange, autour d’un jeu ou d’une tâche à réaliser, peuvent être l’occasion d’instaurer des habitudes d’activités autonomes.

3.2 Découvrir les usages de la communication réglée

L’enseignant installe les conditions d’une communication au sein du groupe large et organise les prises de parole. Il rend explicites les règles de la communication et incite chacun à les respecter : écouter, parler à son tour, rester dans le propos de l’échange et chercher à l’enrichir. Chaque expression non verbale est accueillie, chaque prise de parole est reconnue et guidée vers l’espace d’écoute et d’échanges. Dépassant progressivement la dimension de l’expression ponctuelle et individuelle, la communication au sein du groupe participe à l’élaboration d’une réflexion qui intègre les apports de chacun.
Vivre ensemble, c’est aussi quelquefois accepter de ne pas se faire entendre ni comprendre immédiatement, c’est accepter d’attendre une réponse que l’adulte diffère dans l’intérêt du groupe ou de l’enfant lui-même.

3.3 Prendre sa place dans les discussions

La vie collective s’organise autour de discussions qui permettent d’aborder des questions concrètes à forte valeur sociale. Ces échanges soutiennent les expressions personnelles, l’émotion et les sentiments y trouvent leur place. L’enseignant guide la réflexion du groupe pour que chacun puisse élargir sa propre manière de voir ou de penser.
Peuvent être abordés notamment des faits proches, d’actualité ou de la vie de l’école, connus d’un maximum d’enfants de la classe. Des notions ou des valeurs comme la vie, le respect de l’autre, la prise de conscience du danger, la protection de la nature, l’amitié sont examinées. C’est l’occasion d’établir des relations avec les contes et les récits lus par ailleurs.
L’évocation de comportements posant problème est l’occasion de rappeler les règles que chacun doit respecter pour assurer le bon fonctionnement de l’école et réguler les conflits.
Utiliser le langage pour commenter les événements (dans l’école ou dans la société), c’est mettre l’enfant en situation d’apprendre à connaître son milieu de vie, comprendre les causes et les liens entre les faits. Il importe de faire percevoir, si possible, le sens sous-jacent de chaque expérience et de permettre d’exercer les premiers rudiments du sens critique.
L’école est un lieu où l’on peut s’écouter. Il se caractérise par la qualité des rapports établis entre des adultes accessibles, disponibles. Les règles étant mises en place, les droits de la personne y sont préservés. L’enfant apprend ainsi à motiver un refus face à d’éventuels mauvais traitements de pairs ou d’adultes. Il doit se savoir protégé. Familiarisé avec ses droits et ses devoirs, l’enfant est en confiance.

Compétences devant être acquises en fin d’école maternelle

Être capable de :
– jouer son rôle dans une activité en adoptant un comportement individuel qui tient compte des apports et des contraintes de la vie collective ;
– identifier et connaître les fonctions et le rôle des différents adultes de l’école ;
– respecter les règles de la vie commune (respect de l’autre, du matériel, des règles de la politesse…) et appliquer dans son comportement vis-à-vis de ses camarades quelques principes de vie collective (l’écoute, l’entraide, l’initiative…).

Cycle 2 – Vivre ensemble

OBJECTIFS

L’école maternelle centre ses efforts sur la délicate articulation entre construction de la personne et acceptation du caractère collectif de la vie scolaire. Le cycle 3, à l’école élémentaire, vise à une prise de conscience des valeurs sans lesquelles les différentes collectivités dans lesquelles s’inscrit la vie quotidienne de l’enfant ne sauraient avoir de signification. Le cycle 2, parce qu’il scolarise des élèves qui commencent à peine à pouvoir accepter un autre point de vue que le leur sur leurs actions, constitue une transition importante entre ces deux étapes.
Il appartient aux enseignants qui en ont la responsabilité de structurer la vie collective en explicitant, plus encore qu’à l’école maternelle, les règles qui permettent son déroulement harmonieux. Les élèves commencent à accepter de considérer leurs actions du point de vue de leurs camarades, sinon du point de vue général. Ils découvrent que les contraintes de la vie collective sont les garants de leur liberté, que la sanction, lorsqu’elle intervient, ne relève pas de l’arbitraire de l’adulte mais de l’application de règles librement acceptées. Ils apprennent à refuser la violence, à maîtriser les conflits et à débattre des problèmes rencontrés en tenant leur place dans les réunions de régulation qui sont inscrites à l’emploi du temps.
Au cycle 2, il est encore prématuré de parler d’ « Éducation civique » dans la mesure où les disciplines qui lui servent d’appui – l’histoire, la géographie, les sciences expérimentales – ne sont pas encore constituées. Toutefois, l’accès progressif à la lecture et à l’écriture, l’ouverture plus grande vers le monde extérieur permettent aux élèves de mieux comprendre ce qu’est la vie collective et d’approfondir la signification des contraintes qu’elle impose : s’approprier les règles du groupe, dialoguer avec les camarades et les adultes, écouter l’autre et accepter de ne pas être entendu tout de suite, coopérer. En attendant, pour ces premières années de l’école élémentaire, le programme reste volontairement modeste quant aux connaissances à acquérir et devra toujours être conduit en relation avec les activités des autres domaines.

PROGRAMME

1 - Continuer à construire sa personnalité au sein de la communauté scolaire

L’enfant prend de plus en plus conscience de son appartenance à une communauté qui implique l’adhésion à des valeurs partagées, à des règles de vie, à des rapports d’échanges. D’un côté, la perception de principes supérieurs que l’on ne discute pas, normalement imposés, conditions de la liberté et du développement de chacun. De l’autre, la libre organisation d’un groupe et ce que, modestement, on peut déjà appeler l’élaboration d’un contrat, après discussion, négociation, compromis.
Le règlement intérieur doit être présenté dès la première rentrée à l’école élémentaire. Dès que cela lui paraît possible, le maître fait élaborer collectivement les règles de vie de la classe. Il fait découvrir les conditions de réussite d’un débat (voir « Maîtrise du langage ») et fait accepter la discipline que chacun doit s’imposer. Une heure par quinzaine doit y être consacrée afin de montrer le sérieux et l’importance de cette démarche.
Au cours du cycle 2, l’enfant voit son sens de la responsabilité s’affirmer. Il construit sa personnalité autour de la recherche d’un équilibre entre ce qu’il doit faire, ce qu’il peut faire et ce qui lui est interdit de faire. Toutes les situations vécues à travers les apprentissages fondamentaux ont aussi pour objectif de développer une attitude responsable.

2 - Se construire comme sujet et comprendre sa place dans le groupe à travers les apprentissages fondamentaux

La conquête de la lecture et de l’écriture relance le questionnement sur le monde qui entoure l’enfant comme sur lui-même et conduit à la recherche de connaissances nouvelles, y compris en dehors du temps scolaire. En effet, lire c’est s’approprier et enrichir son univers personnel, aller à la rencontre de l’inconnu, pouvoir partager avec les autres des découvertes sans cesse renouvelées.
En commençant à apprendre une langue nouvelle et la culture qu’elle exprime, l’élève du cycle 2 aborde une manière différente de penser et de vivre, il s’éduque à l’altérité. La langue régionale permet de mieux appréhender l’originalité de sa région et son passé ; la langue étrangère élargit ses connaissances du monde et son approche de l’autre.
Se soumettre au raisonnement mathématique et aux résultats de l’expérimentation fait découvrir la rigueur et la modestie. Participer à une chorale, faire partie d’une équipe de jeux collectifs, conduit à se soumettre à des règles et à agir en commun autour d’un projet.
Des connaissances plus systématiques et mieux structurées justifient des règles d’hygiène et de sécurité personnelles et collectives ; elles confortent une éducation à la santé raisonnée. L’enfant y avait déjà été sensibilisé à l’école maternelle. Il peut à l’école élémentaire commencer à comprendre les raisons des recommandations qui lui avaient été faites et des habitudes qu’il avait prises. Une information sur l’enfance maltraitée est organisée chaque année.

3 - Dépasser l’horizon de l’école

L’école maternelle a déjà offert de nombreuses occasions de sortir de l’école et de s’ouvrir au monde. À l’école élémentaire, la multiplicité des domaines de connaissances abordés, de la première éducation littéraire ou artistique à la découverte du monde, permet d’amplifier cette ouverture et de la structurer.
La rue, le quartier, la commune sont des transitions normales avec des espaces plus lointains. L’élève y découvre d’autres acteurs de la société qui jouent un rôle important dans sa vie quotidienne : agents de circulation, chauffeurs de bus, bibliothécaires, éducateurs sportifs, médiateurs culturels... Hommes et femmes occupent aujourd’hui également ces fonctions, ce qui n’a pas toujours été le cas dans le passé. Ils méritent respect et obéissance. Partout, des règles sont nécessaires. L’élève ne doit pas y voir des contraintes mais, au contraire, un moyen d’assurer la liberté, le bien-être et la sauvegarde de tous.
Une attention particulière doit être apportée aux premières règles de sécurité routière, non pas sous forme de connaissances abstraites, mais à partir de situations quotidiennes vécues par les enfants à la sortie de l’école ou pendant les trajets scolaires. Leur aptitude croissante à lire, écrire et compter permet de lier cette éducation aux apprentissages fondamentaux. Le respect de l’environnement et du cadre de vie ne se limite pas à la classe et à l’école, mais s’étend à ces espaces publics qui sont le bien commun de tous.
Au-delà, l’élève prend progressivement conscience de son appartenance à une communauté nationale à partir de l’écoute de quelques récits historiques et littéraires lus par le maître et en découvrant l’inscription de la France dans un espace géographique. L’enseignant lui explique la signification des grands symboles de la France et de la République : l’hymne national, le drapeau, quelques monuments...
Le programme du domaine « Découvrir le monde » comme l’apprentissage de langues étrangères ou régionales et l’éducation littéraire et artistique offrent les bases d’un élargissement des repères culturels, d’abord dans l’espace et, dans une moindre mesure, dans le temps. La lecture de textes, l’observation d’images, le recours à la toile et à la correspondance électronique permettent aux maîtres de montrer à la fois la richesse et la diversité des cultures du monde et l’unité de l’humanité, conduisant à de premières formes de solidarités qui dépassent l’horizon étroit du groupe.

Compétences devant être acquises en fin de cycle

Être capable de :
– commencer à se sentir responsable ;
– prendre part à un débat sur la vie de la classe ;
– respecter les adultes et leur obéir dans l’exercice normal de leurs diverses fonctions.
Avoir compris et retenu :
– que les règles acceptées permettent la liberté de chacun, en particulier à partir de quelques exemples pris dans les règles de vie ;
– quelques principes d’hygiène personnelle et collective et leur justification ;
– quelques règles simples de sécurité routière ;
– quelques règles à appliquer en situation de danger (se protéger, porter secours en alertant, en choisissant les comportements à suivre) ;
– les principaux symboles de la nation et de la République.

Cycle 3 – Éducation civique

OBJECTIFS

L’éducation civique, au cycle 3, doit permettre à chaque élève de mieux s’intégrer à la collectivité de la classe et de l’école au moment où son caractère et son indépendance s’affirment. Elle le conduit à réfléchir sur les problèmes concrets posés par sa vie d’écolier et ainsi à prendre conscience de manière plus explicite de l’articulation entre liberté personnelle, contraintes de la vie sociale et affirmation de valeurs partagées. Par les connaissances acquises, elle l’engage à élargir sa réflexion aux autres collectivités : la commune, la nation, l’Europe et le monde.
L’éducation civique n’est pas, en priorité, l’acquisition d’un savoir, mais l’apprentissage pratique d’un comportement. Ce domaine n’est donc pas lié à un enseignement, mais à tous. Tout au long du cycle, une heure en moyenne par semaine devra être consacrée à l’explicitation des problèmes concernant l’éducation civique dans les différents champs disciplinaires. De plus, une demi-heure par semaine est réservée dans l’emploi du temps à l’organisation des débats dans lesquels la classe organise et régule la vie collective, tout en passant progressivement de l’examen des cas singuliers à une réflexion plus large.

PROGRAMME

1 - Participer pleinement à la vie de son école

En continuant à apprendre à débattre avec ses camarades, l’élève comprend tout ce que la confrontation à autrui apporte à chacun malgré ses contraintes. Écouter l’autre est une première forme de respect et d’acceptation de la différence.
Ce respect de la différence, dans la mesure où il ne porte pas atteinte aux valeurs universelles des droits de l’homme, a de multiples autres occasions de s’exercer : lutte contre les formes quotidiennes de rejet, accueil du nouvel élève isolé, intégration d’un enfant handicapé. Les divers champs disciplinaires le renforcent et en montrent l’intérêt. Ainsi les sciences expérimentales font mieux comprendre les différences entre garçons et filles, l’histoire et la géographie ou les arts les différences culturelles. L’éducation physique oblige à respecter le concurrent ou l’adversaire.
Si l’éducation civique ne peut se limiter, comme on le croit trop souvent aujourd’hui, à une lutte quotidienne contre les actes de violence, l’école doit demeurer un lieu où toute agression, même verbale, doit être impérativement combattue. Lutter contre celle-ci suppose une action de tous les instants, qui déborde très largement le domaine de l’éducation civique (littérature, sciences, arts, éducation physique et sportive…). Une attention toute particulière est portée aux situations qui peuvent l’engendrer : mise à l’écart, échec scolaire, ennui en récréation ou pendant la pause du déjeuner. Toute situation de violence constatée doit faire l’objet, lorsqu’elle a été circonscrite, d’une réflexion individuelle et collective qui en facilite la prévention.
Les enseignants veillent à ce que les élèves se sentent responsables des lieux où ils travaillent et respectent les règles élémentaires de politesse et de civilité. Au cycle 3, on peut faire comprendre que, même si elles peuvent varier selon les pays et les cultures et évoluer d’une époque à l’autre, ces règles ne sont pas des rituels dépourvus de signification qu’on pourrait abandonner sans risque : elles facilitent la vie en commun.
Plus largement, les enseignants font comprendre la signification des contraintes justifiées de la vie collective par le surcroît de liberté qu’elles apportent. La petite société que constitue l’école permet de conduire cette réflexion de manière concrète dans le cadre des débats prévus à l’emploi du temps. Le règlement intérieur et les lois républicaines qu’il met en application dans l’école doivent y être expliqués comme une condition indispensable à toute vie collective, pour les élèves comme pour les adultes. Les règles de vie de la classe sont élaborées par les élèves sous la direction du maître. Les difficultés nées de leur mise en œuvre sont régulièrement examinées afin d’en améliorer le fonctionnement et le respect. Ces débats sont l’occasion d’une mise en pratique de la communication réglée : ordre du jour, présidence de séance, compte rendu.
Ces réunions auxquelles peuvent participer d’autres adultes de la communauté scolaire sont aussi l’occasion, lorsque des conflits éclatent, de mener une réflexion approfondie sur ce qui relève de valeurs pour lesquelles il n’est pas possible de transiger ou, au contraire, du libre choix de chacun.

2 - Être citoyen dans sa commune

Les élèves se familiarisent avec l’institution démocratique la plus proche d’eux, la commune, par une visite à la mairie et une première découverte du rôle des élus (maire, conseil municipal) dans les affaires scolaires et l’amélioration de la vie des habitants.

3 - Être citoyen en France

À travers les leçons d’histoire, l’élève comprend ce que signifie appartenir à une nation démocratique.
La Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen est l’occasion d’aborder les articles qui concernent les diverses expressions de la liberté.
L’installation de la République au XIXe siècle conduit l’élève à réfléchir sur la différence entre monarchie et république et sur l’émergence du suffrage universel. Au XXe siècle, le « point fort » sur la Ve République doit permettre d’évoquer le rôle du président de la République et du gouvernement ainsi que celui du Parlement, sans entrer dans des détails trop complexes.
L’élève découvre diverses formes de participation à la vie démocratique : le vote, l’acceptation de charges électives, l’engagement dans la vie publique.
Il apprend que, même si la réalité n’est jamais entièrement conforme à l’idéal, celui-ci doit continuer à être affirmé pour guider les comportements et structurer l’action, à partir d’exemples historiques comme l’esclavage ou l’inégalité entre les hommes et les femmes.

4 - S’intégrer à l’Europe, découvrir la francophonie, s’ouvrir au monde

Les enseignants font découvrir l’Europe et développent la curiosité de leurs élèves sur les pays de l’Union européenne dans les séquences de géographie et dans celles consacrées à l’apprentissage d’une langue étrangère. Ils encouragent les contacts directs (par correspondance ou courrier électronique) avec d’autres classes d’enfants européens. De la même façon, l’élève apprend l’existence d’une communauté de langues et de cultures, la francophonie, qui constitue un pont entre le territoire national et le monde. Il observe le rôle que joue aujourd’hui la monnaie unique : l’euro.
À travers la géographie, l’élève prend conscience du caractère mondial de nombreux problèmes économiques ou culturels, il perçoit les grandes inégalités entre régions du globe et, donc, les solidarités nécessaires. Il découvre que la Convention internationale des droits de l’enfant de 1989 est loin d’être appliquée dans plusieurs pays, en particulier en ce qui concerne le travail des enfants de son âge. Par les sciences, il mesure les menaces qui pèsent sur l’environnement et la responsabilité de chacun.
Enfin, l’éducation artistique et littéraire montre comment l’artiste et l’écrivain, témoins de leur temps et de leur société, sont aussi porteurs de valeurs universelles : l’attachement légitime à un groupe, un pays, une culture, n’est donc pas incompatible avec l’ouverture au monde.

Compétences devant être acquises en fin de cycle

Être capable de :
– prendre part à l’élaboration collective des règles de vie de la classe et de l’école ;
– participer activement à la vie de la classe et de l’école en respectant les règles de vie ;
– participer à un débat pour examiner les problèmes de vie scolaire en respectant la parole d’autrui et en collaborant à la recherche d’une solution ;
– respecter ses camarades et accepter les différences ;
– refuser tout recours à la violence dans la vie quotidienne de l’école.
Avoir compris et retenu :
– quelles sont les libertés individuelles qui sont permises par des contraintes de la vie collective ;
– quelles sont les valeurs universelles sur lesquelles on ne peut transiger (en s’appuyant sur la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen) ;
– le rôle de l’idéal démocratique dans notre société ;
– ce qu’est un État républicain ;
– ce que signifient l’appartenance à une nation, la solidarité européenne et l’ouverture au monde ;
– la responsabilité que nous avons à l’égard de l’environnement ;
– le rôle des élus municipaux dans la commune.
[…]

Maîtrise du langage et éducation civique

Parler
Lire
Écrire
Éducation civique
– Participer à un débat
– Distribuer la parole et faire respecter l’organisation d’un débat
– Formuler la décision prise à la suite d’un débat
– Pendant un débat, passer de l’examen d’un cas particulier à une règle générale
– Comprendre les articles successifs des règles de vie de la classe ou de l’école et montrer qu’on les a compris en donnant les raisons qui les ont fait retenir

– Avec l’aide du maître, noter les décisions prises durant un débat
– Avec l’aide du maître, rédiger des règles de vie
– Participer à la rédaction collective d’un protocole d’enquête ou de visite
– Participer au compte rendu d’une enquête ou d’une visite

Voir en ligne : d’après le site : Laïcité, valeur de l’école républicaine

Annonces

  • Prochaine réunion

    Le groupe LAICITE AUJOURD’HUI poursuivra ses travaux le mercredi 4 octobre, 18-20 heures, à la maison des associations, 26 rue maréchal Foch à Concarneau.

    Thème du jour : à déterminer

    Questions d’actualité

    Bonne rentrée à chacune et à chacun

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