Les religions et la femme 11 : conclusion

, par  Marie Pierre Bleuzen

Les religions et la femme 11 : conclusion

Ce travail sur les religions et la femme fait apparaître des points communs :

-* Préférence pour la naissance d’un garçon :
- ** Religions monothéistes
- **Religions asiatiques (infanticides des filles en Inde)

-* Autorité du père, puis du mari :
- ** Islam
- ** Religions asiatiques

-* Mariage
- ** Islam (polygamie)
- ** Religions asiatiques (dot)

-* Contraception :
- ** Catholique : non
- ** Islam : oui
- ** Religions asiatiques : oui

-* Avortement : - ** Non (sauf cas particulier)

-* Divorce
- ** Catholique (des divorcés ne peuvent se remarier à l’église)
- ** Islam (répudiation)
- ** Religions asiatiques (divorce difficile pour les femmes)

-* Héritage - ** Islam (la femme hérite de la moitié de ce qu’hérite l’homme)

L’identité de la femme est réduite au rôle d’épouse et de mère et est en état de subordination par rapport à l’homme.

La religion est une affaire d’hommes. Ce sont les hommes qui décident, qui font la loi religieuse. On retrouve ce phénomène dans toutes les sociétés sémites, occidentales, orientales…

Cela parait surprenant quand on sait que le culte d’une déesse-mère est probablement la manifestation la plus ancienne du concept de divinité. Par la suite les panthéons égyptien, grec, romain, hindou et autres ont inclus une multitude de déesses dont les cultes ont été souvent servis par des prêtresses. C’est le monothéisme patriarcal qui a écarté le divin féminin.

En effet, selon la Genèse (2, 21.22), l’homme fut créé à l’image de Dieu et la femme à partir de la côte d’Adam. Elle a été créée à partir d’Adam, donc imparfaite et destinée à aider l’homme et à lui être soumise.

Voici quelques hypothèses pour tenter d’expliquer cette dévalorisation de la situation des femmes :

- 1) La femme donneuse de vie

Ce pouvoir extraordinaire entraîne chez l’homme une crainte et en même temps il ne peut oublier, même s’il le refoule, qu’il est né, très charnellement d’une femme.

- 2) L’influence de la société

Au IVe siècle av JC, Aristote, dont la connaissance a profondément infléchi la théologie chrétienne, dit « Dans toutes les espèces le mâle l’emporte sur la femelle. Il n’y a pas d’exception dans l’espèce humaine. » Pour expliquer l’origine accidentelle des femmes, Aristote imaginait une gestation immature, non menée à terme, la femme était une déviance. Pour la plupart des penseurs occidentaux, la femme est un être inférieur inapte, par nature, à toutes fonctions et responsabilités civiles.

- 3) Faiblesse intellectuelle des femmes

Ce fut longtemps une vérité admise par tous. Or, il apparaît maintenant que les femmes ne sont pas faibles intellectuellement, mais qu’elles ont été rendues telles dans les religions comme dans les sociétés par l’état d’ignorance dans lequel elles ont été enfermées.

- 4) Interprétation psychanalytique

Dans les religions les femmes sont successivement et parfois conjointement honnies et révérées. Elles sont sorcières ou saintes, maléfiques ou salvatrices. Hommes et femmes sont habités à la fois par l’amour et la haine, le bien et le mal. Attribuer cette duplicité préférentiellement à la femme, c’est ce que le psychologue Jung appellerait sans doute une projection, c’est-à-dire, le fait de transférer sur un autre un « contenu subjectif ». Les femmes sont devenues ainsi « chèvres émissaires » !!!

- 5) La femme impure

Dans les religions, ce concept de pur et d’impur joue un rôle fondamental d’où les rites de purification.

La femme lors de ses menstrues, de ses couches se présente comme un être blessé, sanglant donc impur. Elle sera donc isolée ou devra accomplir des rituels de purification après son accouchement pour pouvoir réintégrer la communauté.

- 6) La femme tentatrice

Dans toutes les religions, le pouvoir attractif des femmes est pensé comme un danger, un obstacle à toute élévation du cœur et de la pensée des hommes. Dans les religions monothéistes, les femmes couvrent ou couvraient leurs cheveux voir leur corps entier (intégristes).

Chine - Shaanxi - Grand Opéra {JPEG}

On peut remarquer à travers le monde que plus les femmes bénéficient d’une éducation, peuvent accéder à un emploi, sont partie prenante de leur vie, plus la société évolue vers une meilleure démocratie. Les religions ont du mal à s’adapter à cette évolution de la condition féminine , les acquis ne sont jamais définitifs et peuvent à tout moment être remis en cause.

nb

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