Loi de 1905 : soyons vigilants !

Le lundi 5 novembre, le journal l’Opinion faisait état d’un projet du gouvernement visant à modifier la loi de 1905. ... Attention : danger !

Voici notre intervention lors de l’A.G. de l’A.L. Concarneau, le dimanche 25 novembre 2018.

Sous couvert de bonnes intentions, le gouvernement actuel envisage de modifier certains articles de la loi de 1905 (18 à 36) pour contrer l’islam politique et parer aux menaces d’attentats qui pèsent encore sur notre quotidien ...

Tentative très hasardeuse disent beaucoup, tentative dangereuse disent ceux qui, comme nous, croyants ou non, sommes dégagés de la pression des lobbies et des fanatismes religieux.

Sachez que tous les moyens nécessaires existent déjà dans les lois ordinaires : lois sur la liberté d’expression, sur les troubles à l’ordre public, voire lois antiterroristes ... Commençons donc par les mettre en œuvre avec rigueur !

=> Les dérives à caractère politique de certains musulmans ne relèvent pas de la loi de 1905.

Nombreux sont ceux qui ont déjà réagi : au nom de leur communauté religieuse ou en tant que citoyens, y compris, bonne surprise !, la plate-forme L.e.s.musulmans qui regroupe 200 associations islamiques.

Que disent-il de concert ?

- > Ne remettez surtout pas en question cet équilibre juridique que pose la loi de 1905 : il constitue le fondement de notre société.

Ils ajoutent :

- > Que peut signifier un « label de qualité cultuelle », une labellisation des associations religieuses ?

- > Est-ce le rôle de l’Etat ou du préfet de décider comment chacun doit mener sa vie spirituelle ? N’instaurez pas une police de la pensée pour les cultes. La liberté de conscience doit restée absolue dans notre pays.

- > N’instaurez pas de loi d’exception, ni de statut d’exception pour les musulmans.

- > Nous ne voulons pas de religion d’Etat : nous ne sommes plus sous l’Ancien Régime ! Pas d’Islam de France donc, pas plus que d’Eglise de France ! L’archevêque de Clermont, Hippolyte Simon, l’a très bien montré (La Croix le 14 mars 2011).

Notre République ne reconnaît que des citoyens … S’ils ont des pratiques religieuses ou pas, ça ne la regarde pas. "L’Eglise chez elle et l’Etat chez lui", lançait Victor Hugo en 1850.

Rappel : Notre République assure à chacun une entière liberté de conscience, donc de religion, et garantit le libre exercice de son culte, dans le cadre de la loi commune. Que peut souhaiter de plus un croyant, quel qu’il soit ?

Soyons vigilants à ne pas ouvrir de brèche dans la loi actuelle : ses principes fondamentaux doivent absolument être respectés. Ils appellent à refuser toute ingérence des instances politiques dans les institutions religieuses et inversement toute ingérence des instances religieuses dans le politique. Est-il nécessaire de rappeler que les choix politiques appartiennent aux citoyens, aux seuls citoyens ?

Averroès, le philosophe, théologien, juriste et médecin musulman disait ceci : « L’ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence. Voilà l’équation. ».

L’ignorance, ici, porte sur ce que nous ont apporté les philosophes des Lumières et sur ce qu’ont fixé les législateurs de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème, des dispositions que bien des citoyens du monde nous envient.

Plus que jamais, soyons vigilants !

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La plateforme L.e.s Musulmans, regroupant plus de 200 associations et mosquées à travers la France, ainsi que des centaines d’imams, exprime sa position :

https://lesmusulmans.fr/articles/loi-1905-les-musulmans-sous-tutelle-etat/

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Des élus républicains s’engagent :

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Annonces

  • 113ème anniversaire de la loi de Séparation

    Le groupe LAICITE AUJOURD’HUI poursuivra ses travaux un mercredi de janvier (à préciser)

    Cycle "Genèse de l’idée de liberté de conscience" : l’apport de Jean Bodin, philosophe et juriste.

    Joyeuses fêtes à chacune et à chacun